Interview de Nicolas Dartiailh

Bonjour à tous !

Aujourd’hui commence une série d’interviews qui vous permettra de faire connaissance avec chacun de nos formateurs. Le premier photographe à se plier au jeu est Nicolas Dartiailh.

Bonjour Nicolas. Tu es aujourd’hui photographe professionnel, mais depuis combien de temps pratique-tu la photographie ? Et qu’est ce qui t’a donné envie de faire de la photo ?
Je pratique la photographie sérieusement depuis 15 ans, mais je fais des photos depuis mes 6 ans. En fait, j’ai toujours été proche de l’image. J’ai toujours été attiré par l’image fixe en général, qu’il s’agisse de photo ou de peinture. J’aime le côté « concret » de l’image, avec un support, qu’il soit papier ou écran, contrairement à la musique par exemple, qui me parait plus « virtuelle ».

Parles-nous de tes photos : quels sont les sujets que tu aimes le plus immortaliser ?
Je fais beaucoup de portraits. Je travail surtout sur des sujets humains. J’aime représenter l’Homme, sa relation à son espace, sa relation aux autres, l’image qu’il projette, celle que l’on peut avoir de lui…

Y a-t-il une photo en particulier dans ton portfolio qui t’a marquée et  que tu voudrais nous montrer ?
Il y a cette photo de Kiyoshi Kurosawa prise en 2006. C’est un réalisateur japonais très connu qui passait à Lyon. J’ai beaucoup attendu avant de pouvoir le photographier. Il donnait une interview avant, et quand j’ai enfin pu le rencontrer et obtenir son autorisation pour la photo, je n’ai eu droit qu’à 5 minutes pour la prise de vue! J’ai du faire avec le lieu, très banal et pas du tout adapté, dont je disposais. De plus, ce monsieur ne parlait que le japonais, et nous n’avions pas de traducteur. J’ai essayé de communiquer avec lui comme j’ai pu par gestes, en lui mimant comment se tenir, où regarder. Ce n’était pas évident, mais malgré les conditions difficiles, je suis content du résultat. Le portrait dégage une ambiance vraiment particulière, on sent que quelque chose se passe, se crée dans cette image. On a du mal à imaginer l’à côté, tout semble organisé et préparé, alors que seules 5 ou 6 photos ont été prise en tout. Je travaillais en argentique pour ces images.


De quoi s’inspire ton travail ?

Mon travail s’inspire du cinéma, de la musique, de la peinture. J’aime beaucoup  la peinture du 15ème et 16ème siècle, on y trouve beaucoup de portraits, notamment dans les peintures Hollandaises et Flamandes, où le traitement de la lumière est vraiment intéressant.
Des photographes célèbres m’inspirent aussi dans mon travail. Par exemple Alec Soth pour ses ambiances et les sujets décalés qu’il retire du quotidien dans ces photos ; ou encore Robert Frank pour sa vision intimiste et personnelle en terme d’utilisation de la photographie. Je trouve très intéressant le fait qu’il utilise plusieurs supports : photos et écritures mélangés.

Quel matériel utilises-tu principalement pour tes photos ?
Je travail avec un reflex numérique, souvent avec des focales fixes. Je possède une gamme d’objectif allant du 24 au 100 mm, c’est-à-dire du très grand angle au téléobjectif. J’utilise également des flashs de studio pour mes portraits. Je change beaucoup de format d’image : carré, panoramique, rectangulaire… selon mes envies et mes projets du moment.

Parles-nous des photos que tu réalises en tant que photographe professionnel, quels sont les sujets que tes clients te demandent le plus ?
Je travail beaucoup sur des portraits pour la presse, essentiellement la presse féminine régionale. Mais il m’arrive de faire également des photos d’architecture, d’entreprises, ou d’événementiel. J’ai aussi fait quelques photos pour des visuels d’album ; c’est un travail intéressant car très créatif, à moi de trouver la bonne ambiance pour créer une image qui corresponde à la musique de l’album.

As-tu fait des expos ? Des livres ? Des dvd ? Où peut-on voir ton travail ?
J’ai fait plusieurs expositions. En mai 2006 j’ai participé à une exposition collective dans le cadre du festival les Boutographies (Montpellier), avec une série intitulée « Le bleu du ciel ». La même année j’ai fait une exposition personnelle à la bibliothèque municipale du  1er arrondissement de Lyon. En 2008 j’ai présenté mon exposition « Hors scène / hors champ », « Parcours associé » à l’occasion du Septembre de la photographie à l’Épicerie moderne de Feyzin. En 2010, j’ai exposé pendant presque 3 mois à Berlin en collaboration avec Élise Graton, dans le cadre de « 60sexyjahre in Berlin : l’Institut français de Berlin fête ses 60 ans ! », à l’Institut français de Berlin et la Maison de France. L’exposition présentée, « Berlin et ses collines », un projet photographique et sonore, sera d’ailleurs visible prochainement à Photostage ! Ce projet a donné naissance à un ouvrage publié à compte d’auteur à 20 exemplaires numérotés et signés, accompagné d’un tirage couleur et d’un cd audio pour les interviews sonores.
Pour voir mon travail, le plus simple est d’aller sur mon site internet http://www.nicolas-dartiailh.com

Sur quels projets travailles-tu en ce moment ?
J’ai actuellement deux projets en cours. Une série de portraits sur les objets de consommation que j’espère avoir fini avant juin ; et une autre série de prises de vue de personnes dans la nature mais je n’en dit pas plus pour le moment, vous découvrirez ça en temps voulu !

Depuis quand es-tu formateur à Photostage ? Qu’est ce qui t’a donné envie de faire de la formation à la photographie ?
Je suis formateur Photostage depuis début 2010 si je me souviens bien.
J’ai toujours aimé partager le plaisir que j’ai de faire de la photographie avec d’autres photographes. J’ai connu Denis Chaussende, le fondateur de Photostage, lorsque nous avons travaillé ensemble sur des projets photographiques, notamment le festival les nuits sonores. Nous avons liés une amitié, et comme l’entreprise se développait et qu’il avait besoin de photographes pour assurer les formations, et qu’il connaissait mes capacités, il m’a proposé de devenir formateur.
Depuis cette année, j’enseigne également la photographie dans une école d’art de Lyon.

De quels stages t’occupes-tu ? Parles-nous de ces stages.
C’est moi qui m’occupe de tous les stages « Bases techniques de la Photographie », « Techniques Photos avancées », « Initiation Studio Portrait » et du nouveau stage « La Photo au Flash » dont j’ai entièrement créé le contenu. Avant, je m’occupais du stage « Photo de nuit ». Aujourd’hui, un autre formateur a pris le relais pour ce stage, mais il m’arrive d’en faire de temps en temps. J’en ai encadré un lors de la dernière fête des lumières.
Ce qui me plaît dans ces stages est le partage entre technique et créativité. Si les stages des bases techniques, techniques photos avancées et photos au flash sont d’abord des stages techniques, le côté créatif est bien là. Quand au stage d’initiation au portrait en studio, on y retrouve le côté humain, relationnel, que j’aime photographier dans mes sujets personnels.

As-tu des anecdotes à nous raconter à propos des stages ?
Lors du stage photo de nuit pendant la fête des lumières, la foule était si dense qu’à un moment, j’avais perdu de vue presque tous mes stagiaires ! Heureusement, j’avais leur numéro de portable et j’ai pu tous les appeler un par pour les retrouver.

Pour toi, qu’est ce qu’une photo réussie ?
Je dirais qu’une photo est réussie lorsque l’on pense différemment après l’avoir vue, qu’elle nous fait changer notre vision des choses sur le réel et le quotidien.

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Un commentaire

  1. Sophie dit :

    Pour avoir rencontré Nicolas lors d’un stage d’initiation au portrait studio, je confirme que le côté humain qui ressort de cet interview est une réalité !
    Belle initiative que ces entretiens qui nous permettent de mieux vous connaître ;-)

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